Fait d'armes du 51eme en espagne - 1810 - Fuente ovejuna

"les dernières cartouches"

Récit

Au commencement de septembre 1810, La Romana s'était avancé jusqu'aux défilés qui dominent l'Andalousie; il occupait Aracena, Santa-Alla, Monasterio et Guadalcanal.

Durant son séjour dans cette contrée, il détacha 2000 hommes commandés par Morillo sur Fuente-Ovejuna (1), occupé par une seule compagnie du 51ème, forte de 96 hommes et commandée par le capitaine Billot, officier d'une bravoure bien reconnue.

Le 7 septembre, à cinq heures du matin, Fuente Ovejuna fut attaqué et cerné par la troupe de Morillo. Après une résistance énergique aux issues du village, les soldats de Billot se retirèrent dans leur quartier, le déposito, puis dans l'église, d'où ils firent plusieurs sorties à la baïonnette et de là dans le clocher.

Entourés de toutes parts, ces braves, qui soutenaient une lutte inégale depuis treize heures, continuaient à se défendre avec autant de sang-froid que de courage, quoiqu'épuisés de fatigue et manquant de munitions.

Morillo, désespérant de pouvoir vaincre cette poignée de Français, fit apporter au bas de l'escalier du clocher de vieux matelas et des ballots de laine, auxquels on mit le feu, afin d'étouffer par la fumée ceux qui se défendaient si opiniâtrement.

En effet, plusieurs d'entre eux ayant succombé, le capitaine Billot, grièvement blessé lui-même, descendit, avec ce qui lui restait d'hommes, sur le toit de l'église, où il fut forcé de se rendre après avoir brûlé sa dernière cartouche.

Les Espagnols, embusqués dans les maisons environnantes, tuaient ces soldats sans défense. Morillo, rempli d'admiration pour ces héros, fit cesser le feu, et les fit descendre de l'église avec des échelles à incendie; il ne restait plus que 50 Français, presque tous blessés, qui furent conduits, ainsi que le capitaine Billot, en Portugal, où ils furent délivrés un peu plus tard par le 6ème léger. Ils rentrèrent ensuite au régiment.

Le 2ème bataillon (Bony), envoyé au secours de cette compagnie, ne put arriver à temps à Fuente Ovejuna, qu'il trouva en flammes et évacué par l'ennemi. Les Espagnols n'eurent pas à se prévaloir de cette victoire, que plus de 200 des leurs payèrent de leur vie.

(1) Localité située à soixante kilomètres au Nord Ouest de Cordoue.


Découverte de l'Aigle du 51eme par les troupes britanniques lors de la prise du

Palais du Retiro (Madrid)  le 12 aout 1812


Renseignements et photo ont été transmis par Mr John Rochester gestionnaire du patrimoine Royal Hospital Chelsea détenteur de l'aigle du 51ème - ci-dessous

 Madrid 12 aout 1812 - Aigle 51ème modèle 1804 Trouvé au palais Buen Retiro après la prise de la ville. L'aigle a été décapité et est très endommagé. Il a été découvert par le major Burgh, comme décrit dans le rapport de l'action de Wellington.

La Reddition du Retiro a lieu le 14 août 1812, quelques jours après l'entrée dans Madrid de l'armée anglo-espagnole de Wellington. La garnison laissée par le roi Joseph pour tenir cet ancien palais transformé en fort et en magasin de fourniture de l'armée française capitule après la prise des défenses extérieures la veille. De très importants dépôts tombent aux mains des Anglo-espagnols.

Contexte

Après sa victoire à la bataille des Arapiles, Wellington poursuit quelques jours les débris de l'armée française de Clauzel, puis marche vers Madrid. Devant la disproportion des forces, le roi Joseph ordonne l'évacuation de sa capitale, évacuation effective le 10 août 1812. Seule une garnison de 2 046 hommes est laissée en arrière pour défendre l'important dépôt du palais du Buen Retiro.

Le 12 août, l'armée anglo-espagnole entre dans la ville.

Déroulement

La garnison laissée dans la place étant insuffisante pour tenir les ouvrages extérieurs, ils sont enlevés avec un minimum de pertes le 13 au soir par un assaut du côté du jardin botanique.

Conformément à ses ordres, le général Lafon-Blaniac, commandant la garnison française, capitule le 14 août devant la menace de la batterie de canons de 18 installée par les assaillants pour réduire le fort étoilé formant le réduit central de la place.

Conséquences

Les Anglais mettent la main sur un grand nombre de fournitures militaires qui permettent à Wellington de rééquiper son armée éprouvée par les dernières semaines de campagne. Ils s'emparent aussi des aigles du 13e régiment de dragons et du 51e régiment d'infanterie de ligne qui sont immédiatement envoyées en Angleterre et remises solennellement au Prince-Régent.

La fabrique royale de porcelaine du Buen Retiro, située dans le réduit central et très endommagée lors des combats, ne sera jamais restaurée.

Guillaume Joseph Nicolas de Lafon-Blaniac, né le 25 juillet 1773 à Villeneuve-d'Agen (Lot-et-Garonne), mort le 28 septembre 1833 à Vico (Corse), général français de la Révolution et de l'Empire.

Palais du Retiro a Madrid

Extrait du livre du général jean Regnault "les aigles impériales" concernant les causes de la présence de l"aigle du 51eme au dépot du retiro.

The Royal Military Chronicle - London Gazette

Dépêche du Marquis Wellington suite à la prise du palais du Retiro de Madrid par les troupes alliées

Madrid 15 aout 1812

J'ai le plaisir d'informer votre Seigneurie que la garnison du Retiro s'est rendue par capitulation hier; et j'ai maintenant l'honneur de joindre une traduction de la capitulation. Nous avons investi la place complètement le soir du 13; et la nuit, des détachements de la 7e division d'infanterie sous le commandement du major-général Hope et de la 3e division d'infanterie, sous le commandement du major-général l'honorable E. Pukenham, se sont dirigés sur les postes ennemis du Prado du jardin botanique et des ouvrages qu'ils avaient construits à l'extérieur du mur du parc; et après avoir traversé le mur à différents endroits, ils se sont installés dans le palais du Retiro et à proximité de l'extérieur des ouvrages de l'ennemi, entourant le bâtiment appelé La China.

Les troupes se préparaient le matin pour attaquer ces ouvrages, en préparation de la conduite à adopter pour l'attaque de la ligne intérieure et du bâtiment, lorsque le gouverneur désigna un officier sur le point de capituler; et je lui ai accordé les honneurs de la guerre, les bagages des officiers et des soldats de la garnison, voir comme spécifié dans l'accord ci-joint. Je joins un état de la force de la garnison qui est sortie hier à quatre heures sur la route de Ciudad Rodrigo. Nous avons trouvé sur la place cent quatre vingt neuf pièces d'artillerie en excellent état; neuf cents barils de poudre; vingt mille fusils; des magasins de vêtements considérables et munitions.

Nous avons également constaté que les aigles des 13e et 51e régiments que je transmettrais en Angleterre étaient présentés à son Altesse Royale le prince régent par mon aide de camp, le major Burgh. Je vois dans une lettre du général Ballasteros au lieutenant général Sir Rowland Hill du 29 juillet qu'il était à Malaga le 14 de ce mois, avec le général Laval, près de la monnaie. Le général Ballasteros était à Grazelena le 29. J'ai reçu une lettre du lieutenant-général sir Rowland Hill datée du 8; et bien que le général Drouet soit en mouvement depuis trois jours, il ne semble pas que ses mouvements aient une importance quelconque. Je joins l'état des morts, des blessés et des disparus dans l'affaire de Magalahonda daté du 11 et des pertes dans l'attaque des ouvrages du Retiro.

Cette dépêche sera livrée par mon aide-de-camp, le major Burgh, qui sera en mesure d'expliquer toutes les circonstances relatives à notre situation; et je demande la permission de le recommander à la protection de votre seigneurie.

P.S. Depuis que j'ai écrit cette dépêche, j'ai reçu une lettre en date du 8 du commandant Maitland, d'Alicant, dans laquelle cet officier m'informe qu'il avait débarqué à cet endroit.

Traduction; Capitulation proposée par le général Wellington, commandant en chef de l'armée alliée, et acceptée par le colonel La Fond, commandant du fort de La China, le 14 août 1812.

Article 1. La garnison sortira du fort avec le les honneurs de la guerre, et déposera les armes sur le Glacis.

Article II. La garnison et tous les personnes civiles du fort seront des prisonniers de guerre.

Article III. Les officiers sont autorisés à conserver leurs épées, leurs bagages et leurs chevaux, selon le nombre qui leur est imparti par les règlements de l'armée française; et les soldats garderont leurs sacs à dos.

Article IV. Les magasins du fort avec leur description doivent être remis aux officiers des départements respectifs,les commandants d'artillerie et les ingénieurs français fourniront des listes du contenu de chaque dépôt. Les plans du fort seront également remis au commandant des ingénieurs britanniques.

Article V. Cette capitulation aura lieu à quatre heures de l'après-midi et les portes du fort seront occupées par les troupes de l'armée alliée dès que cette capitulation aura été ratifiée.

Signé par le général comte de Wellington, F. Somerset, lieutenant colonel. et Mil.Sec. Ratifiée, Wellington. Signé de la part du colonel La Fond, R. de la Brune. Cette capitulation est ratifiée par le colonel commandant la Chine. La Fond*

Retour des prisonniers de guerre faits au fort de la Chine, au Retiro et à l'hôpital général de la Atocha, le 14 août 1812.

Etat-major, 1 colonel, 2 capitaines, 2 subalternes, 7 membres du personnel, 3 officiers de l'état civil, 16 sergents, hommes du rang et officiers de base.

Artillerie, 1 lieutenant-colonel, 8 capitaines, 10 subalternes, 355 sergents, homme du rang et officiers de base, 46 chevaux et mules.

Ingénieurs, 1 lieutenant colonel, 2 capitaines, 1 sous-officier, 70 sergents, homme du rang et soldats.

Compagnie de garnison indépendante, 1 capitaine, 3 sous-officiers, 91 sergents, homme du rang et soldats.

Total pris au fort, 2 colonels, 4 lieutenant-colonels, 22 capitaines, 35 subalternes, 7 membres du personnel, 3 officiers civils, 1982 sergents, hommes du rang et officiers de base, 46 chevaux et mulets. Etat-major, 12 officiers civils.

Malades et convalescents, 1 capitaine, 5 subalternes, 4 officiers civils, 428 sergents, hommes du rang et militaires de base.

Total pris à l'hôpital général, 1 capitaine, 5 subalternes, 16 officiers civils, 429 sergents, homme du rang et soldats.

Total général pris, 2506.

En plus de ce qui précède, 6 soldats britanniques; 6 officiers et 144 ressortissants espagnols ont été repris au Fort de la Chine.

J. Waters, Lt-Col. & A.A.G

Original de la dépêche